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Douleir

      Douleir

La douleur a blanchi mes cheveux
Mon visage fut sillonné de rides
La douleur a dépouillé mon âme
Afin de la crucifier toute nue

Ma poitrine saigna, mon sang coula en ligne pointillée
La douleur me regarda avec admiration
A l’instant même elle se fit une femme
Et elle s’est donnée à moi…

     (1920)

Mes Heures Qui Passent

      Mes Heures Qui Passent
Qui sait où sont -elles ?
Mes heures qui passent
Qui sait où sont -elles ?
Mes heures qui passent
Sont peut-être là
Où les étoiles passent..
Si je fais des fumigations
Vos visages se montrent-ils?
Si je fais des fumigations
Nos visages se confondent
Si je regarde l’eau en me penchant
Vos visages se montrent-ils?
Tout ce qui est beau est déjà parti
Un qui est tout pali est resté
Tout ce qui est beau est déjà parti
Le temps est arrivé, l’heure a sonné
Donnez-moi une place parmi vous
Un qui est tout pali est resté
(1930)

La Vie

     La Vie

Si ma porte est soudaine ouverte par le vent,
Je suis affolé comme si j’avais reçu une douloureuse nouvelle;
Comme si mes bateaux avaient sombré dans l’océan;
Comme si mes constellations étaient brisées dans le ciel.

Quelle douleur! Avoir pour perdre
Aimer le monde éphémère: que c’est effroyable!
La vie, ce n’est qu’un fil qui se casserait au moindre vent,
La vie, ce n’est qu’une marche dans le labyrinthe inextricable.

(1972)

Younous Emre – Piece de Theatre en Trois Actes – Traduction de Mahmut KANIK

Younous Emre – Piece de Theatre en Trois Actes – Traduction de Mahmut KANIK

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La Biographie De Necip Fazıl Kısakürek

La Biographie De Necip Fazıl Kısakürek

İl est né « dans une grande résidence, située dans l’une des rues descendant vers Sultanahmet, à Çemberlitaş » selon ses propres mots (1904). Il a fait ses études dans de différentes écoles dont le collège Américain, et a achevé ses études secondaires à l’Ecole de la Marine. A I’Ecole Militaire il a eu, comme maitre, Aksekili Ahmet Hamdi pour des cours de religion et Yahya Kemal pour les cours d’histoire mais il a été influencé surtout par Ibrahim Aşkî « ayant pu assimilé différents domaines du savoir englobant la littérature, philosophie, l’algébre et la physique. Ibrahim Aşki lui permis de faire la première connaissance avec le « Tasavvuf », en lui procurant des livres. Kısakürek a terminé la section de Philosophie à l’Université (1921-1924), après avoir fait les classes préparatoires et de guerre à l’Ecole de la Marine.

Un de ses camarades les plus proches lors de ses études de philosophie est Hasan Ali Yücel. Il a poursuivi ses études pendant un an à Paris, en obtenant une bourse d’étude accordée par le Ministère de L’Education Nationale (1924 – 1925). Après son retour au pays, il a travaillé comme fonctionnaire et inspecteur dans les Banques Hollandaise et Ottomane et la banque d’Affaires (1926-1939). Il a enseigné à la Faculté des Langues et d’histoire – Géographie et au Conservatoire d’Etat à Ankara et à l’Académie des Beaux – Arts à Istanbul (1939 – 1942). A partir de cette date, il a abandonné le fonctionnariat pour gagner sa vie comme écrivain et éditeur de revue.

Necip Fazıl Kısakürek est décédé dans son domicile à Erenköy, après une longue période de maladie, pendant laquelle il n’était pas empêché d’écrire ni de continuer ses activités intellectuelles, et il a été enterré au Cimetière à Eyüp, après des obsèques mouvementées.

Necip Fazıl Kısakürek a obtenu le grand Prix de Pièce de Théâtre organisé par le Parti Républicain du Peuple en 1947, avec sa pièce de théâtre intitulée «Sabırtaşı» « Pierre de Patience ». Le Ministère de la culture lui a décerné le Grand Prix de la Culture à l’occasion de son 75e anniversaire, le 25 mai 1980 et il a reçu le titre du » Plus grand poète vivant de langue Turque » de la part de la «Fondation de la Littérature Turque»

SA VIE LITTÉRAIRE

Kısakürek ayant « appris à lire au bas âge grâce à son grand père » selon ses propres termes, a lu, dès son enfance, « les traductions faites des écrivains français de rang subalterne et est devenu un malade de lecture démesurée et sans distinction.

Il écrit ceci à ce propos : « Mon intérêt pour des œuvres ayant prétention affective et littéraire, telles que Paul et Virgine, Grasiella, La dame de Camélia, le Pauvre Necdet s’est transformé en maladie et mes jours et nuits étaient emballés dans un réseau ». Poussé vers la littérature par une telle passion de lecture, Necip Fazıl affirme débuter « sa vie de poète à l’âge de 12 ans » en évoquant le souvenir de sa mère hospitalisée qui a exprimé le désir de le voir devenir poète en montrant le cahier des poèmes composé par la tuberculeuse » partageant la même chambre à l’hôpital, lors une des visites. Voici ce qu’il ajoute :

« Le désir de ma mère m’a paru comme une chose que je portais en moi-même sans m’en rendre compte jusqu’à 12 ans. C’est ma raison d’être. En regardant la neige et le vent par la fenêtre de l’hôpital, j’ai secrètement décidé : je serai poète ! Et je le suis devenu»

Son premier poème publié est le poème intitulé « Kitabe » (Epitaphe), paru dans la revue de « Yeni Mecmua » du 1e Juillet 1923 Ce poème est intitulé « Une Pierre de tombeau » dans son recuiel de poésie « Örümcek Ağı » (Toile d’Araignée)
A propos de ce poème qui commence avec les vers « Ma place est devenue étrangère / une inondation dans le jardin de la jeunesse ». Ahmet Haşim pose la question : «Où as – tu trouvé cette voix, mon enfant? Necip Fazıl a répandu sa renommée avec ses poèmes et écrits publiés dans les revues telles que « Yeni Mecmua », « Millî Mecmua », « Anadolu », « Hayat », « Varlık » et dans le journal « Cumhuriyet » jusqu’en 1939.

Après son retour de Paris en 1925, Necip Fazıl a effectué de longs séjours à intervalle, à Ankara. Lors de sa troisième arrivée à Ankara, il a édité la revue « Ağaç » (L’Arbre), le 14 Mars 1936 en obtenant l’appui de certaines banques. Ahmet Hamdi Tanpınar, Ahmet Kutsi Tecer, Mustafe Şekip Tunç étaient parmi les auteurs qui écrivaient dans la Revue « Ağaç » qui suivait une ligne spiritualiste et idéaliste contre les idées matérialistes et marxisantes, très efficaces parmi les intellectuel de l’époque, défendues par Burhan Belge, Vedat Nedim Tör, Şevket Sureyya Aydemir et İsmail Husrev Tökin travaillant pour la revue « Kadro » édité par Yakup Kadri. Apres le 6e numéro, la revue « Ağaç » a été transférée à Istanbul, avant de mettre fin à sa publication après le 17e numéro, pour cause d’insuffisance de lecteur.

Necip Fazıl a édité la revue « Büyük Doğu » (Grand Orient ) ayant une identité religieuse et politique, en 1943. Il a continué la publication de « Büyük Doğu » sous forme hebdomadaire, quotidienne et mensuelle, avec des interruptions Jusqu’en 1978, dues à la prise de position politique, donnant lieu l’ouverture des procès et à I’interdiction Necip Fazıl est devenu progressive l’un des leaders des Milieux islamistes, en défendant le Sultan Abdülhamit et en s’apposant au laïcisme. Il faudrait préciser que L’équipe de l revue « Büyük Doğru » est assez cosmopolite au début comme pour la revue «Ağaç» Plusieur représentants de la nouvelle Littérature allant de Bedri Rahmi à Sait Faik y participent.

Mais, ces écrivains sont partis à mesure que Necip Fazıl a transféré la Revue « Büyük Doğu » en organe de lutte religieuse. Et il a édité la revue satirique «Borazan» (Trompette) pendant les mois de Novembre-décembre 1947 après l’ınterdiction frappant la revue «Büyük Doğu »

     ŒUVRES

   Poésie

Örümcek Ağı (Toile d’araignée) (1925),, Kaldırımlar (Trottoirs) (1928), Ben ve Ötesi (Moi et au – delà) (1932), Sonsuzluk Kervanı (Caravane de l’infinité) (1955), Çile (Supplice) (1974), Şiirlerim (Mes poèmes) (1969), Esselâm (1973),, Çile (Supplice) (1974)

Pièces de théâtre
Tohum (Germe) (1935), Bir adam yaratmak (Créer un homme) (1938), Künye (identité), Sabır taşı (Pierre de patience) (1940), Para (Argent) (1942), Nami Diğer Parmaksız Salih (de surnom «Salih sans doigt) (1949), Reis Bey (1964), Ahşap Konak (Résidence en bois) (1964), Siyah Pelerinli Adam (Lhomme à pélerine noire), ulu Hakan Abdülhamit (Abdülhamid, grand souverain) (1965), Yunus Emre (1969)

Romans:
Aynadaki Yalan (Mensonge dans le Miroir) (1980), Kafa Kağıdı (Carte d’identité) ((publié en fuilleton dans le Journal Milliyet en 1984)

Nouvelles:
Birkaç hikâye Bir kaç tahlil (Quelques Histoires, Quelques analyses) (1932)
Ruh Burkuntularından Hikâyeler Nouvelles des troubles d’âme (1964)
Hikâyelerim (Mes nouvelles) (1970)

Mémoire

Cinnet Mustatili (1950)
Hac (Pèlerinage) (1973)
O ve Ben (Lui et Moi) (1974), Babiâli (1975).
Obtained from: Turkish Ministry of Culture and Tourism web site, http://www.kultur.gov.tr/FR/BelgeGoster.aspx?4C64CBA40EAEACBD404F9755767D76FF73C6F3DDB58DFF9D